galeries démarche expos contact
galerie précédente    

Le goût de mes baies


Suintement de femme

Et, sous forme de myrtilles, j'égrainais mes pensées – liquides elles coulaient sur mes joues, me chuchotant mon histoire sur leur passage. Au tour de mes joues d'en porter la trace. Il faut que le monde sache: je suis la tache, je suis le grincement de la porte de ma bouche, je suis l'épais couvert de mes cheveux, je suis un foyer. J'ai porté des êtres et encore aujourd'hui ils m'habitent. C'est eux sûrement qui transforment mes pensées en jus, qui écrasent une myrtille après l'autre dans le pressoir de mon crâne et font éclater leur pulpe sur mes yeux sur mes joues sur ma bouche, violette. Je suis sale à présent et je crois l'avoir toujours été. Je suis.